
Le témoignage est un outil précieux en agriculture pour convaincre. C’est également un support privilégié dans la presse pour partager une information. Mais alors, où se situe la limite entre un témoignage presse et commercial ? De la définition à la démarche, on vous dit tout.
Informer ou communiquer, est-ce que c’est la même chose ? Si je tape « communiquer » dans mon outil de synonymes préféré, il me propose « informer ». Alors, pourquoi se poser des questions sur la frontière supposée entre deux synonymes ? Commençons par le commencement avec la définition de chaque mot.
Informer ou communiquer, une nuance fine mais bien réelle
D’après notre précieux dictionnaire Larousse, informer c’est faire savoir quelque chose à quelqu’un, le porter à sa connaissance, le lui apprendre. Il s’agit donc de mettre au courant d’un fait. Tandis que communiquer, c’est faire passer quelque chose, transmettre quelque chose d’autre. Il y a donc bien une nuance entre informer et communiquer. Quasi philosophique, elle est pourtant très concrète dans la pratique. Tandis que le premier vise à donner l’information factuelle :
Le Gaec produit 50 000 litres de lait par an.
Grâce à son nouvel aliment, le Gaec produit chaque année 50 000 litres de lait de qualité, tout en améliorant la santé de son troupeau.
le second témoignage apporte un plus avec un objectif
La donnée apportée est la même (50 000 litres de lait par an) mais elle est apportée avec un biais (l’aliment) qui change la façon dont celui qui la reçoit va la traiter.
Journaliste et communicant, deux métiers différents
On retrouve cette différence entre les métiers de journaliste et de communicant. Le premier a pour mission de rechercher, vérifier et donner l’information en les rendant compréhensibles et accessibles à divers publics. Il informe dans le respect de règles déontologiques strictes (en principe) et surtout indépendantes et objectives. Tandis que le communicant n’est par principe ni neutre ni objectif puisqu’il est rémunéré par son client pour produire un contenu sur son produit ou son service. Son objectif est de convaincre.
Respecter la parole du témoin
Attention, ça ne veut pas dire que le communicant raconte n’importe quoi dans son témoignage d’agriculteur·rice. Chez Appaloosa, par exemple, nous respectons la parole des interviewés et leur faisons toujours valider nos articles. Notre client veille bien sûr à trouver un témoin déjà convaincu par le produit ou le service proposé.
En revanche, même si son métier est également de respecter la parole des témoins, rien n’oblige un journaliste à faire valider un article à la personne avant publication (et c’est tant mieux, car c’est aussi une garantie de son indépendance).
Le publireportage, une communication non neutre
Un cadre existe dans les journaux pour indiquer au lecteur ou à l’auditeur la nature du contenu. Lorsqu’il s’agit d’une communication, un repère « publireportage » indique que le contenu comporte une visée commerciale. Il n’est pas neutre mais promeut un produit ou un service. D’après Le Robert, le publireportage est une publicité dans un magazine affectant la forme d’un reportage. C’est une publicité en format éditorial. Comme les publicités, les publireportages sont des pages vendues aux entreprises.
Quand la limite entre communication et information devient floue
La limite se pose lorsque l’agriculteur·rice ne sait plus si le contenu est une information ou une communication. Le web notamment propose une information faussement gratuite puisque ce sont les publicités présentes sur le site qui le font vivre. Ces publicités peuvent être à l’origine de partenariats qui ne sont pas clairement annoncés et qui mènent à des articles « d’information ». Pour survivre dans un contexte de difficultés financières, des magazines papiers utilisent la même méthode de partenariat. Ils proposent une offre commerciale avec une publicité et un article : le journaliste est alors assujetti à un client !
Et là, on noie la frontière entre information et communication. Le journaliste donne les chiffres qui lui semblent pertinents et les met en perspective voire les compare avec des concurrents. Le communicant choisit spécifiquement les données qui mettent en valeur le produit ou service avec un argumentaire acquis à la cause. Lorsque le journaliste est contraint par la vente de publicité de mettre en valeur le client, il dérive alors vers le communicant. On l’a dit, il s’agit de 2 métiers différents, qui servent des objectifs différents. Donc, là, la question de l’éthique se pose.