Dans un contexte concurrentiel fort et face à la difficulté de recruter des personnes compétentes et motivées, la marque employeur peut permettre de tirer son épingle du jeu. L’agriculture s’intéresse de près à cette démarche. C’est un secteur spécifique qui fait face à un enjeu important de renouvellement des générations.

Ce qui motive une entreprise ou une organisation à développer une marque employeur, c’est le souhait d’attirer les meilleures recrues face à une concurrence forte. Pour tout simplement gagner en performance, assurer son avenir, faire face aux défis qui l’attendent… Mais de quoi parle-t-on exactement ? Comment définir une marque employeur ?

Il s’agit de la marque de l’entreprise ou de l’organisation qui s’applique aux ressources humaines. Elle peut être en décalage avec la marque consommateur/client. C’est souvent le cas pour les grandes enseignes de distribution, par exemple.

Selon Agnès Duroni, une experte dans ce domaine, la marque employeur se compose de 4 éléments : l’attractivité, la réputation, l’engagement des salariés et la différenciation. Elle concerne un grand nombre de parties prenantes : des collaborateurs en passant par les candidats, les clients et les associés… Comme dans tout système complexe, la réussite du lancement d’une telle marque est liée à l’équilibre et à la cohérence maintenue entre les quatre éléments et les parties prenantes.

1/ Jeunes diplômés

En dehors de l’agriculture, déjà de nombreux groupes et entreprises se sont lancés. C’est le cas dans le secteur du conseil et de l’audit. Les cabinets cherchent à recruter les meilleurs auditeurs, il en va de leur réputation vis-à-vis de leurs clients.

Parmi eux, PwC (5000 collaborateurs) a lancé sa marque employeur et sa signature « Un monde d’opportunités s’ouvre à vous ». L’entreprise cherche à se démarquer de ses concurrents en appuyant sur le côté humain et les aspirations personnelles. PwC vise les jeunes diplômés et doit donc s’adapter à la génération Y qui sort de l’école et qui souhaite avant tout l’épanouissement dans le travail. Dans la démarche, le cabinet va jusqu’à solliciter les candidats pour une évaluation de leur processus de recrutement qualifié « d’expérience »…

2/ Signature

Dans l’agroalimentaire, le groupe Le Duff qui poursuit sa croissance internationale a également créé une marque employeur pour sa chaîne Del Arte. Là encore, c’est une signature qui donne le ton. « Nous, c’est vous. » Del Arte est devenu un acteur majeur de l’emploi dans la restauration à thème. La chaîne propose 100 postes en moyenne par mois… Avec une telle signature, la volonté est d’afficher une proximité, une ambiance conviviale et un haut degré de confiance dans les managers.

3/ Diffusion sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont un puissant levier pour les marques employeurs. D’une part, ils offrent la possibilité au grand public de découvrir l’actualité RH et la vie interne de l’entreprise. D’autre part, c’est l’occasion de valoriser les collaborateurs avec des prises de paroles et des témoignages.

Citons le groupe Accor qui est très actif sur Facebook et Twitter (Accorhoteljobs) et Michelin qui développe également une belle actualité RH sur les réseaux. Attention cependant à maîtriser les prises de paroles négatives sur ces pages. Bien sûr le réseau professionnel LinkedIn est aussi très utilisé par les employeurs pour diffuser leurs actualités RH.

4/ Et l’agriculture

Dans le domaine agricole, les banques ont saisi l’enjeu depuis un certain temps. Avec Welcome, le groupe Crédit Agricole met en avant l’entreprenariat et le facteur humain. Certaines coopératives affirment également leur identité et leurs valeurs via une marque employeur.

La coopérative bretonne Triskalia qui développe une activité dans trois secteurs (agriculture, agroalimentaire et distribution) avec 16 000 agriculteurs adhérents et 4 800 salariés, a créé sa marque employeur. Elle se traduit par la signature « L’employeur qui crée des liens ». Là encore, l’enjeu est d’attirer les jeunes vers les métiers de l’agriculture en développant des valeurs humaines fortes, chères aux agriculteurs coopérateurs qui dirigent Triskalia.

Il faut également souligner la démarche nationale #agridemain qui promeut l’agriculture auprès du grand public. Si l’image de l’agriculture n’est pas mauvaise, la représentation du grand public est souvent en décalage avec la réalité. Et il en est de même pour les métiers de l’agriculture. C’est pourquoi le projet #agridemain comporte un volet sur les emplois. S’il ne s’agit pas d’une marque employeur à part entière, #agridemain fait la promotion d’une profession qui peine souvent à recruter.

D’une manière générale, on peut déplorer un certain retard de l’agriculture dans ce marketing RH. Pourtant, il s’agit là d’un enjeu capital et stratégique. L’agriculture n’est pour l’instant pas en mesure d’assurer le renouvellement des générations actuellement au travail compte tenu du capital notoriété de ses métiers. Il y a du boulot…